Les Saintes MehdiMehdi Savalli

 

En l’absence de Sébastien Castella, blessé hier au poignet à Madrid, l’arlésien s’est imposé comme le patron de ce cartel 100% français. Un vent de fraicheur est venu avec El Rafi qui remplaçait le maestro biterrois, les autres assurant leur poste, même s’il l’on peut regretter un manque de ces petits gestes qui font le plus lors d’un tel festejo.

Une journée taurine solidaire avec les écoles taurines françaises, réunissant comme l’année dernière les deux traditions taurines espagnoles et camarguaises, organisée par l’Association El Mundillo et Sébastien Castella, excusé absent, qui débuta par un festival de six abrivados au départ de la plage dont une menée par les toreros du Festival et les ganaderos, tandis que la structure gonflable d’Happycionados accueillait les enfants… L’après-midi, dans les arènes, le festival taurin en hommage à Nimeño II s’est déroulé sous une continuelle pluie fine, ce qui nuit à la taquilla, tout comme l’absence de Castella, environ ¼ d’arenes sous les ponchos.

Ont été combattus, dans l’ordre un novillo de la ganaderia de Dos Hermanas (Patrick Laugier), un Gallon, un Cuillé, un Antonio Banuelos (offert par Marie Sara), un Tardieu Frères et un Malaga (P.H. Callet). Tous ont fait honneur à leur devise et ont permit aux toreros de s’exprimer avec un plus pour le Banuelos et le Malaga.

-Swan Soto: Oreille

-Gildas Gnafoua «Diamante Negro» Oreille

-Jonathan Veyrunes Oreille

-Mehdi Savalli Deux oreilles et queue

-Jeremy Banti Salut

-Rafael Raucoule «El Rafi» Oreille

Pst : Alex Clauzel, temps gris et pluvieux. Hommage à Nimeño lors du paseillo qui s’est déroulé au milieu d’une haie faite par les élèves des différentes écoles taurines.

 

Quel plaisir de retrouver Swan Soto, qui n’a rien perdu de son toreo artistique et raffiné, qu’il exprima avec beaucoup de temple et d’élégance devant un excellent novillo de P. Laugier, qui infligea….. une estafilade au calzona du nîmois. Oreille après une entière.

Même sentiment pour Diamante Negro qui, lui aussi, retrouva ses sensations face à un noble novillo des Frères Gallon, se montrant très à gusto pour distiller quelques gestes très personnels, accompagnant son adversaire dans sa querencia avant de tuer en trois acte, ce qui n’empêcha pas l’octroie d’un pavillon.

Face à un Cuillé collaborateur Jonathan Veyrunes réalisera de belles séquences sur les deux rives, de meilleures tenues à gauche, avant de tuer au second envoi.

Décidé et varié à la cape, Mehdi afficha d’entrée ses prétentions avant d’être ovationné pour son tercio de banderilles. Début de faena par cambiadas au centre bien rematées et à la première série, le Bañuelos prendra violemment l’arlésien, qui reviendra le costume en lambeaux et la muleta por delante… Les séries seront liées avec entrega face à un excellent novillo dont il tira un tres bon parti avant de loger une entière, un peu longue d’effet.

Jeremy Banti affichera son toreo esthétique et alluré devant un noble Tardieu, manquant d’un peu de transmission, et ce sur les deux pitons. Hélas pour l’arlésien, l’épée ne fut pas au rendez-vous.

Pour un 1er novillo piquée, El Rafi, élève du CFT de Nîmes, a justifié pleinement son inclusion dans ce cartel, face il est vrai à un excellent novillo du fer de Malaga, transmettant beaucoup, d’autant que le jeune nîmois se le passa au plus prés du corps. De très bonnes séries sur les deux bords avec beaucoup d’allure ont apporté un air de fraicheur, la mise à mort lui faisant perdre la seconde oreille.

Thierry Llopir