image_167131_19700118_144709Une partie de l'élevage de la manade du Levant. Photo Rodolphe Marsaud

 

Une histoire de famille. Passionné depuis toujours, André Vitou a baigné depuis son enfance dans le milieu agricole.

C’est de son père, grand père et arrière grand- père qu’est né cet amour de la terre et de l’élevage. Son père amateur durant 35 ans à la manade Lousteau-Rouquette, créa son propre élevage en 1982. Et suite à la disparition de celui-ci, c’est dans cette continuité, qu’en avril 2000, André décide à son tour de s’installer seul et de faire de sa passion, son métier.

C’est sur la commune de Marsillargues, qu’en 2006 il démarre sa nouvelle vie, entouré de sa femme Blandine et de ses trois filles Jessica, Léa et Valentine. Il créa donc son élevage avec comme marque un V dans un blason, surmonté d’un soleil levant avec 5 branches signifiant les 5 membres de sa famille.

Les couleurs de sa devise sont le "vert, le jaune, et le bleu azur" qui représentent les couleurs des villes d’Aigues Mortes et du Grau du Roi ainsi que le vert de l'espoir. Il choisit le nom Du Levant, qui est celui d'un étang situé au Grau du Roi et auquel il est attaché. Environ 150 bêtes pâturent aujourd’hui sur des prés répartis sur les communes de Marsillargues, Aimargues, St-Laurent d’Aigouze, St-Nazaire de Pezan, Candillargues, Lansargues, Saint- Brès. Il n’oublie pas ses racines et Baillargues le village d’où il est originaire. Mais les aléas de la vie et la croissance démographique l’ont obligé à s’éloigner. En 2009, il est malheureusement touché par la tuberculose et doit abattre en totalité son cheptel. Il s’en relèvera et redémarrera avec des bêtes d’origine Hervas, Mailhan, Pastré, Guillierme, Gilbert Aarnaud (Pastré) et quelques vaches de Raynaud.

Il faut beaucoup d'abnégation

Parti de rien, il est fier de tout ce qu'il a créé, entouré de sa femme et ses filles. Mais aussi de ses gardians qui lui sont fidèles, et des organisateurs qui lui font confiance et lui accordent leur soutien en le faisant participer à leurs fêtes votives. C’est eux qui assurent la pérennité de son élevage et il les en remercie.

Car en effet, il travaille au quotidien sur la sélection, mais on le voit plus souvent apparaître dans les rues de nos villages menant lui et ses gardians les taureaux jusqu’aux portes des arènes. En effet, pouvoir sortir et essayer ses jeunes taureaux est très difficile. Lorsque l'on est une jeune manade, on n’a pas le droit à l’erreur. Faire courir ses taureaux est très compliqué. Et malheureusement, il faut parfois plusieurs courses pour que le taureau se livre.

Mais André garde l’espoir de sortir un jour de bons taureaux qui se démarqueront des autres et qui signeront l’empreinte de sa manade. Malgré la difficulté, aujourd’hui à son « petit niveau » comme il dit, il pense avoir quelques bons éléments qui ne demandent qu’à sortir pour être connus.

Il ne désespère pas et continue à chercher de meilleurs herbages, pour les y aider.

Aujourd'hui il propose diverses activités sur son exploitation. Il possède des installations où il y fait découvrir nos traditions, en effectuant des ferrades et jeux de gardians, dans un cadre typique et chaleureux. Et il mène ses taureaux lors des abrivados/ bandidos et spectacles taurins dans nos villages.

Il exerce son métier d'exploitant éleveur, nom qu’il revendique car il pense qu’il faut savoir garder les pieds sur terre et rester humble. Et c’est cela qu’il veut aussi transmettre à ses filles.

Comme certains le pensent, on ne fait pas la fête tous les jours. C’est un métier très difficile. C’est avant tout une exploitation agricole et non un défilé de mode. Il faut savoir tout faire et pas simplement savoir monter à cheval (préparation et travail des terres, fourrage) car nous sommes dépendants du temps et il peut y avoir des années très compliquées comme cette année qui est particulièrement difficile, et qui désorganise toutes nos prévisions. Il faut être aussi un commercial, comptable et savoir recevoir le public (connaisseurs et touristes)

L'avenir de la profession s'assombrit de plus en plus et devient incertain, mais il faut tout de même garder espoir car c'est un métier de passion où il faut savoir faire abnégation de beaucoup de choses pour pouvoir continuer à l'exercer.

Léa, la cadette rajoute qu’elle souhaite faire évoluer et perdurer encore pendant longtemps la manade au côté de ses parents et de sa petite soeur Valentine, sous l’oeil attentif de Jessica l'aînée. Une vraie histoire de famille...

La manade du Levant souhaite remercier toutes les personnes qui les ont toujours soutenus (organisateurs et manadiers) et bien entendu tous leurs cavaliers sans qui la manade aurait du mal à exister. Nous remercions la famille d’André Vitou pour leur accueil et leur souhaitons le meilleur à venir...

Manon Payan