20180306_113653Un nouveau né de 12 jours chez Plo. Photo YB.

 

Sur la route d’Arles qui mène à Salin de Giraud, dans un coin de Camargue, se trouve le Domaine de Pontevès où pâturent des taureaux qui font parler d’eux depuis quelques années : la manade Plo qui a 32 ans d’existence.

Accueillis par le « pelot » Jean- Louis et son bayle Rodolphe Bantze, dans un mas authentique, nous avons échangé des propos rafraîchissants. Dans la salle, on a même vu un taurillon de 12 jours seulement, élevé au biberon, dans un lit d’enfant, entouré de jeunes agneaux (photo ci-dessous).

Jean -Louis, gardian amateur à la Tour du Valat, chez Albert Espelly a attrapé le virus. Pour se faire plaisir, il a démarré en achetant quelques vaches chez Raynaud. Un peu de patience, avant de développer le cheptel. C’est le taureau Manolo qui a été le premier à faire briller la devise "blanc, noir et rouge", en courant à Salin de Giraud, Bellegarde, Mouriès et Remoulins, avant d’aller à Saint-Laurent d’Aigouze et Marsillargues. Passionné de chevaux, le manadier nous explique que les taureaux sont baptisés chaque année avec une lettre différente, à la façon des haras. Tout en respectant l’ordre alphabétique, ce qui permet de garder le thème pour les familles et les lignées.

Le domaine compte 650 ha et Pontevès en contient 180 ha, surtout de prairies. La manade Plo a aussi des pays au Marais du Vigueirat et compte environ 450 bêtes. Jean- Louis a acquis aussi un lot de vaches à Ribaud. Il précise aussi qu’après avoir gardé en pension du bétail de Jacques Espelly, celui-ci l’a payé avec des vaches, ce qui se faisait bien à l’époque. La race a reçu un apport de la manade Lagarde, tous cela ayant permis une sélection avec des taureaux de caractère qui distingue les Plo en général... Les deux ou trois taureaux qui ont permis à la manade de franchir un palier ont eu pour nom Lebraù, Leventi et Oundo. On peut aussi citer Organdi, Nomade et actuellement Triton, Targueur, Tamarin et Ursin. 5 ou 6 taureaux sont classés au Trophée des As et une vingtaine vont courir avec leurs noms, avec les jeunes au Trident d’Or le 8 avril à Manduel.

En ce qui concerne la vedette actuelle, Triton, le manadier nous a dit que le téléphone a au moins sonné 18 fois...Quand on lui a demandé pourquoi ce taureau aussi brillant n’avait pas été retenu pour la Finale des As 2017, il nous a répondu qu'on lui avait demandé, mais comme il s’était engagé avec le Grau du Roi pour le Trophée de la Mer, il avait préféré le mettre au Grau, une arène qui lui a toujours fait confiance.

Pour 2018, il commencera aux As aux Saintes, puis il ira à Montfrin, à Beaucaire pour la finale du Muguet d’Or, ensuite soit à la Palme d’Or, soit à Pérols, encore au Grau et une date réservée en fin de saison(Lunel ?).

Il était temps de retourner vers les Alpilles et de quitter cet endroit si camarguais, où la passion est très présente, en souhaitant à Jean-Louis et son bras droit Rodolphe toute la réussite qu’ils méritent.

Yves Bustin